Les Plourde

Les descendants de Marguerite Berrubey et de René Plourde

Damien Berrubey et Jeanne Savonnet ont eu ensemble trois enfants qui ont assuré leur descendance, deux garçons, Pierre et Mathurin, de même qu’une fille, Marguerite. Celle-ci ayant épousé René Plourde, elle est l’ancêtre maternelle des Plourde, ce qui explique en soi la présence de ce texte sur le site Internet des Bérubé.

À la différence des Soucy, qui descendent également de Jeanne Savonnet, des Roussel, qui descendent de Geneviève Bérubé[1] et des Lévesque qui se marient joyeusement aux Bérubé à la 2ième génération née ici (six couples en fait), les Plourde n’ont pas d’association de familles ou plus précisément, ont abandonné celle qui a existé autrefois, une raison de plus pour leur faire une place sur ce site. Ceci dit, les quelques noms de famille que nous venons de mentionner nous donnent un bel exemple du concept de familles alliées, proches les unes des autres par leur histoire commune, même lorsqu’elles ne sont pas totalement apparentées.

Les familles Plourde et Bérubé sont d’autant plus liées au départ que l’immense concession obtenue par Damien B. à Rivière-Ouelle (douze arpents de front par quarante-deux de profondeur) a été partagée après le décès de Jeanne Savonnet en trois parts.  Ainsi en 1725, sept propriétaires officiels de la deuxième génération, issus des Bérubé, se partagent le patrimoine de Damien[2]. Il s’agit de Pierre et de Mathurin Berrubey, de même que des cinq mineurs Plourde. Quelques années plus tard, vers 1750-1753, les frères Pierre et Augustin Plourde se partagent à eux deux les cinq parts Plourde du domaine Bérubé[3]. Qui plus est, les frères Plourde possèdent 8/11 de la terre de Mathurin Bérubé.

Ce sont aussi ces deux Plourde, tous deux mariés à des Lévesque, voisins de l’ancêtre Damien Berrubey, qui se partageront la concession que René Plourde avait obtenue à Kamouraska (six arpents de front par trente de profondeur). Un troisième frère, Joseph Plourde, ira plutôt s’installer dans la région de Montréal où il se marie en 1727, avec Thérèse Dechambre, mais sous le nom de Joseph Bérubé, patronyme de sa mère, ce qui confondra les généalogistes quelque temps. Il meurt jeune et sans descendance connue.

Dans un roman qui s’intitule L’étonnant destin de René Plourde, Pionnier de la Nouvelle-France, paru en 2008, Anne-Marie Couturier rapporte l’acte de mariage de Marguerite et René, à la page 260, lequel est rédigé dans un français un peu vieillot:L’an mil seizecen nonentesept ce vingt sizième jour d’aoust après la publication de trois bans de mariage faite le dixhuitième le vingtquatrième & le vingtcinquième d’aoust dans l’église de cette paroisse de Notre dame de liesse, d’entre René Plourde aagé de 32 ans fils de defunct françois Plourde et de défunte Jeanne grémillon les père & mère de la

paroisse de St Pierre « Eveiché » de Poitier d’une part & Jeanne Marguerite Berrubey aagée de dix cept ans fille de defunct Damien Berrubey et de Jeanne Savonet les père et mère de cette paroisse de NotredamedeLiesse d’autre part & ne s’étant découvert aucun empeichement legitime, Je Prestre Soussigné & Curé de cette Paroisse ay pris leur mutuel & reciproque concentement par parole de present les ay mariez & leur ai donne ensuite la benediction nuptiale selon la forme prescrite par léglise en presence de Jean Aiot & Pierre…père thémoins requis qui ont tous declaré avec les themoins cy dessus nommé ne scavoir ecryre ny signer de les interpellez suivant l’ordonnance.

                                                               Bernard DeRequeleyne P.C.

Même si Jeanne-Marguerite est décédée jeune, à 28 ans seulement, elle a eu six enfants : René, né le 17 août 1698 (mort peu de temps après sa naissance), Joseph, le 22 août 1699, Pierre, le 5 août 1701, Jean-François, le 18 août 1703, Marie-Catherine, le 8 mai 1707 et Augustin en 1708. Il y avait donc à son décès quatre fils et une fille pour assurer sa descendance; plus de 7000 personnes portent ce nom de famille au Québec de nos jours. Ce sont surtout les deux frères précédemment mentionnés, Pierre et Augustin. qui sont à l’origine de cette multiplication, le 1er avec 11 enfants, dont quatre fils, le second avec 10, dont cinq fils. De ces cinq derniers fils, trois se sont mariés avec des cousines Bérubé au second degré, deux filles de Pierre Berrubey, petites-filles de Mathurin Berrubey, soit Charlotte et Madeleine, et l’autre fille de Jean, petite-fille de Pierre Berrubey, soit Judith. La petite société de Rivière-Ouelle était alors tissée très serrée, ce qui se confirme aussi avec les nombreux mariages impliquant à l’époque des Bérubé ou des Plourde avec des Lévesque, et aussi, dans une moindre mesure, avec des Hudon (Beaulieu), des Miville ou des Ouellet.


[1] Fille de Mathurin B. et d’Angélique Miville, donc petite-fille de Damien B. et Jeanne Savonnet.

[2] SOUCY, Bertrand. Greffes des notaires Jeanneau et Dionne, concernant la famille de Jean Soucy et Jeanne Savonnet et certains documents couvrant la période 1698 à 1756. Saint-Pascal, avril 2016, p.23

[3] Idem p. 25